Economie : La méthode Tison

Chers visiteurs,

Veuillez trouver, en fin de texte, la copie d’un article paru dans la NG de lundi dernier faisant état du résultat d’une enquête sur les revenus moyens des habitants des communes de la région de Charleroi.

Dans le dernier paragraphe de cet article, on peut lire que Anderlues enlève un nouveau trophée, celui de la cité la plus égalitaire. Ne nous méprenons pas, il ne s’agit pas d’un honneur, il s’agirait plutôt d’un bonnet d’âne. D’un bonnet d’âne décerné non pas aux habitants de notre commune, mais bien aux personnes qui devraient en assurer la conduite.

Si ce triste résultat est dû au petit nombre de gros salaires, dans notre commune – c’est indéniable -, il est surtout dû à l’existence d’un nombre beaucoup trop élevé de salaires de remplacement (indemnités de chômage, revenus d’intégration, etc… ).

Et quand j’entends un bourgmestre, étiqueté socialiste, présenter comme unique solution pour corriger ce déséquilibre, d’attirer des gros salaires, c’est, vous en conviendrez, plutôt pitoyable. Comme si cela allait faire en sorte que les moins bien nantis de notre commune verraient, comme par miracle, leur quotidien, tout à coup, amélioré.

S’il est exact, Monsieur le bourgmestre, qu’avoir, parmi ses administrés, des citoyens qui alimentent, par l’impôt, les caisses de la commune, c’est intéressant, mais ce qui est autrement social et autrement humaniste, c’est de faire en sorte que tous ses administrés soient tirés vers le haut.
Pour atteindre le premier but, il faut rendre sa commune attrayante, il faut que les rues soient propres, il faut que les trottoirs soient praticables, il faut qu’il y ait une vie économique, sociale et culturelle, il faut des commerces de proximité, etc… , etc… Pour atteindre le deuxième but, il faut mener une réelle politique de développement, il faut assurer des formations pour les demandeurs d’emploi, il faut attirer des industries, il faut mettre en place les infrastructures (routes et surfaces) indispensables à ce développement, il faut être présent dans sa commune pour prendre la pleine mesure de ses besoins et des besoins de ses habitants.

Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle entre l’article de la NG et celui du Soir de ce samedi qui a élargi l’étude à toute la Wallonie et dans le temps. On constate dans cette dernière étude que depuis quinze ans, les revenus moyens wallons ont assez nettement évolué, sauf pour le Hainaut où ils ont simplement stagné. On ne peut pas mettre cela sur le compte de la fatalité. Il faut chercher ailleurs. Il n’y a pas dans le Hainaut, de volonté politique de vouloir vraiment en sortir et tout cela malgré les dizaines de milliards injectés par l’Europe. Les majorités en place, le plus souvent rouge vif, doivent sérieusement se poser des questions. Si rien ne change, ce sera aux électeurs de prendre leurs responsabilités. On ne peut pas continuer à se contenter d’assistanat, il faut que les conditions de vie de chacune et de chacun s’améliorent ostensiblement

Article de la nouvelle gazette de lundi 12 avril

Commune par commune, la répartition des revenus par habitant est devenue, entre 1990 et aujourd’hui, beaucoup plus inégalitaire. A ce compte, ce sont les Anderlusiens qui sont les plus égaux, tandis que c’est à Gerpinnes que les écarts sont les plus élevés.
Dans la région, les communes les plus aisées, comme Thuin, Les Bons Villers, Montigny-le-Tilleul, ou, surtout, Gerpinnes sont également celles où les revenus sont le plus inégalement répartis. Rien d’étonnant, somme toute: les plus grosses fiches de paye tirent la moyenne vers le haut, tandis que les amortisseurs sociaux (chômage, CPAS, etc.) sont les mêmes, que la commune soit riche ou pauvre. Ce n’est pas un hasard: c’est à Gerpinnes, dans la commune où demeure l’homme le plus riche de Belgique, Albert Frère, que l’indice de Gini, qui mesure l’égalité de la distribution des revenus, est le plus élevé de la région de Charleroi. Et les entités où, proportionnellement, l’inégalité a le plus augmenté sont celles, comme Pont-à-Celles ou Les Bons Villers, qui ont vu s’installer chez eux de nombreux navetteurs, ces couples à deux revenus que recherchent tous les échevins des finances.
A l’inverse, les communes dont le coefficient est le plus bas sont celles dont les habitants sont les moins prospères, comme Châtelet, Farciennes, ou, Anderlues, la cité la plus égalitaire de notre palmarès, dont la population, plutôt modeste, est la plus homogène. “C’est dû à notre histoire de petite commune ouvrière étriquée ”, explique son bourgmestre, le socialiste Philippe Tison, qui aimerait attirer –ou retenir– des salaires plus élevés sur son territoire. Finances obligent…

Merci pour votre fidélité.

Jean-Marie Flamant

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