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Archive pour janvier 2011

Les écoles à Anderlues : La vérité

Mardi 18 janvier 2011

Chers lecteurs,

Il y a quelque temps, je vous avais promis de répondre à l’article de Monsieur Devreeze, paru dans le journal de propagande PS distribué en toutes boîtes.

N’étant pas plus expert que l’échevin de l’enseignement, je me suis documenté sur le sujet avant de répondre.

D’abord, rappelons succinctement le fonctionnement des écoles fondamentales subsidiées par la communauté française. – C’est le cas des écoles communales d’Anderlues comme des écoles libres d’Anderlues – . Le nombre d’enseignants, payés directement par la communauté française, est déterminé en fonction du nombre de périodes, ce nombre étant directement dépendant du nombre d’élèves. Les subventions de fonctionnement reprenant les frais de personnel d’entretien, les frais de chauffage, d’eau, d’électricité, de téléphone, de gaz, d’entretien des bâtiments, d’achat de mobilier, d’achat de matériel pédagogique, etc. sont aussi directement proportionnelles aux nombres d’élèves.

A Anderlues, les écoles libres fonctionnent strictement suivant ce schéma. Mais les écoles communales demandent à la commune un budget supplémentaire exorbitant (500000 € au budget de 2011).
Un des motifs invoqué par le collège communal, c’est l’engagement d’enseignants supplémentaires pour éviter des classes à deux niveaux ou pour en dédoubler d’autres. Certaines années, on est allé jusqu’à l’engagement de 8 enseignants supplémentaires.
Pendant ce temps, aux écoles libres, on fait place à l’imagination en regroupant, quand cela est nécessaire, des cours dans la même classe par exemple, en veillant bien sûr à ne pas sur-peupler les classes. Cette façon de faire n’est nullement préjudiciable à la qualité de l’enseignement dispensé. Au contraire.
C’est à cet égard que je reprends ci-dessous un article paru dans la presse française il y a quelque temps C’est édifiant.

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Valeur des petites écoles et des classes uniques

Si aucune étude n’a pu montrer l’intérêt pédagogique des grosses structures, toutes les études diligentées par les services de l’Education Nationale ont démontré l’intérêt des petites structures.

Ainsi, le rapport de Mme Françoise Oeuvrard (Direction Evaluation et Prospective du Ministère de l’Education Nationale) cite :

« la configuration de ces établissements, qu’on pourrait supposer défavorable et liée à leur très petit effectif … ne semble toutefois, dans l’ensemble, préjudiciable aux élèves pour les apprentissages de base : le niveau de connaissance des élèves de petits établissements est identique -voire supérieur- à celui de celui de l’ensemble des élèves de CE2 et en 6ème. » ;

« Les élèves des petites écoles rurales sont plutôt moins en retard que ceux des écoles urbaines … » ; « En mathématiques … ce sont les élèves des petites écoles, classes uniques ou écoles rurales, qui ont, en moyenne, le mieux réussi : en math comme en français, les écoles qui ont les moins bons résultats sont les plus grosses écoles … » ;

… et conclue : « la scolarisation dans une petite école rurale, une classe unique même en perte d’effectif, n’est pas défavorable pour les acquisitions fondamentales : le niveau de connaissance des élèves de CE2 des petites écoles rurales … en témoigne ».

Le rapport Ferrier (Inspection Générale de l’Education nationale), corroboré par le rapport Leroy-Audoin (Institut de Recherches sur l’Economie de l’Education), atteste que :

« la classe à cours unique –qu’il ne faut pas confondre avec l’école à classe unique- obtient des résultats un peu moins bons que la classe à deux cours ; et, dans la classe à deux cours, les performances des élèves sont nettement moins bonnes que dans la classe à trois cours. ».

« Les résultats soulignent les aspects particulièrement positifs des classes uniques », dont les écarts positifs par rapport aux cours simples sont de + 3,9 points en fin de CE2 et de + 4,8 points en début de 6ème.

Les résultats obtenus montrent que le temps individuel (ou d’autonomie) est d’autant plus grand que le nombre de cours dans la classe est élevé : moyenne de 103 minutes par jour en cours simple, 128 minutes en cours multiples et 151 minutes en classe unique ; le travail individuel et le tutorat sont très fréquents et généralement intégrés à la pratique pédagogique dans les classes uniques. Les cours simples ont une forte prise en charge des élèves mais une faible optimisation du temps scolaire alors que les classes uniques accordent une grande autonomie aux élèves tout en maximisant le temps effectivement scolaire.

« Les élèves scolarisés en classe unique ont des risques significativement plus faible de redoubler : sur l’ensemble de la scolarité élémentaire », la probabilité de redoublement est de 33,7 % ; elle n’est que de 19 % dans la population des élèves ayant fait leur scolarité essentiellement dans une classe unique. « Si on examine, en premier lieu, de façon transversale, les acquis des élèves en cours de 6ème, on observe que les élèves qui ont les moins bons résultats sont ceux qui ont fréquenté, en primaire, des cours simples ; par rapport à eux, les élèves ayant été scolarisés en cours multiples, et plus encore, en classe unique, ont des résultats en 6ème sensiblement meilleurs. » ;

les écarts sont statistiquement significatifs et quantitativement substantiels ( + 3,89 points pour les cours multiples et + 6,44 points pour les classes uniques).
Les élèves issus de classe unique vont s’intégrer au collège marginalement mieux que les élèves issus de cours simples.

« La prise en considération des résultats scolaires en cours de 6ème renforce la position favorable des « petites structures » du primaire quant à l’intégration des élèves au collège.
L’estimation est, qu’à résultats scolaires comparables, ces élèves ont un risque de redoublement inférieur à ceux des élèves issus de cours simples en primaire ».

De plus, «les enseignants du collège reconnaissent, en moyenne, chez ces enfants, des qualités qui vont au-delà des stricts résultats scolaires ».

Le rapport Mingat (Institut de Recherches sur l’Economie de l’Education ; directeur de recherches au CNRS) démontre que le maintien de ces petites structures ne revenait pas plus cher aux collectivités que les concentrations engagées.

Les mêmes travaux démontrent en outre que les concentrations n’aboutissent pas à une amélioration des résultats, mais que c’est plutôt le contraire. Alain Mingat et Cédric Ogier concluent que, dans les limites de l’enveloppe financière actuelle globale, il subsiste d’importantes marges de manoeuvre pour aménager la carte scolaire (plus d’écoles et moins de transports) et rendre le mode de scolarisation plus efficace.

Extrait de :
Ecoles rurales et montagnardes et formation professionnelle des enseignants en France
Pierre CHAMPOLLION Inspecteur d’académie IUFM de l’académie de Grenoble Consultant Fédération Française d’Economie Montagnarde (FFEM) Expert européen

2.1 Une plus grande réussite à l’école élémentaire

Français Mathématiques
Ensemble des classes urbaines: 63,2 67,3
Ensemble des classes rurales: 63,1 67,4
Classes rurales à 2 niveaux: 63,7 68,3
Classes rurales à 4 niveaux: 64,1 68,9
Classes rurales à 5 niveaux: 65,9 72,8

On peut noter qu’entre les classes urbaines (à 1 niveau) et les classes uniques (à 5 niveaux), il y a une différence de près de 3 points en français et de 5,5 points en mathématique au profit des classes à 5 cours

En conclusion : ne vous laissez par faire lorsque l’inspection d’académie vous dit que ces écoles ne sont pas performantes, qu’elles ne favorisent pas l’émulation (comprenez : la concurrence).
En fait, ces petites écoles fonctionnent plus sur l’intéressement et la solidarité. Il se trouve que les résultats pédagogiques et sociaux sont largement supérieurs et c’est tant mieux.

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Il y a de nombreux autres articles qui vont dans le même sens.

La solution choisie par notre commune est le résultat d’un manque d’imagination. C’est aussi le choix de la facilité. Mais à quel prix?
Espérons que les autres compétences soient mieux gérées.

Merci pour votre bonne attention.

Jean-Marie Flamant

ZACC rue du Fief à Anderlues

Lundi 17 janvier 2011

Cher lecteurs,

Dans le compte-rendu du conseil communal du 21 décembre 2010, je vous faisais part de l’adoption du rapport urbanistique environnemental (RUE) pour la ZACC (zone d’aménagement communal concerté) du FIEF.

Un Riverain très attentif m’a informé d’un élément important. La région wallonne à travers son service CWEDD (conseil wallon de l’environnement pour le développement durable) a donné, en son temps, un avis très défavorable sur le projet.

Voici copie de ce apport:

____________________

Réf. : CWEDD/10/AV.984
Date : 05/07/2010 010
Mise en oeuvre de la zone d’aménagement communal concerté « Fief » à ANDERLUES

1. DONNEES DE BASE

Demande : Mise en oeuvre de la zone d’aménagement communal concerté « Fief»
Projet : Localisation : Anderlues
Affectations : zone d’habitat et zone agricole
Demandeur : Commune d’Anderlues
Auteur du rapport : Administration communale
Autorité compétente : Conseil communal d’Anderlues
Date de réception du dossier : 10/06/2010
Visite de terrain : 30/06/2010, suivie d’une rencontre avec le service urbanisme de la Commune d’Anderlues

2. AVIS

a) Concernant le Rapport urbanistique et environnemental (RUE)
Le CWEDD estime que le RUE ne répond pas au prescrit de l’article 33 § 1er et 2 du CWATUP.
En effet le rapport ne développe pas certains points indispensables à la décision. Le CWEDD relève par exemple :

L’absence de justification du choix de la ZACC Fief parmi les 13 zones dont la commune dispose, alors que la ZACC en question est la plus éloignée du centre ;

L’absence d’analyse des 11 ZACC qui doivent encore être mise en oeuvre : affectations envisagées, priorité… ;

La pression immobilière : si elle est bien abordée, elle l’est via des chiffres de 2005, supérieurs par exemple aux chiffres de la fiche environnementale d’Anderlues, disponible sur le portail environnement de la Région wallonne. L’évolution des dernières années aurait pu être abordée également ;

La comparaison aux prescriptions du SDER très limitée : seule deux prescriptions sont citées ;

L’absence de justification quant à la mise en oeuvre partielle de la ZACC ;

L’absence de proposition d’alternatives à la zone agricole ;

L’absence de proposition de valorisation du petit ruisseau ;

L’absence de proposition alternative d’orientation des habitations afin de positionner les espaces de vie au sud. On remarquera par ailleurs que les cellules thermiques sont imposées aux maisons et devront donc se trouver du côté de la voirie. Leur aspect réfléchissant est en contradiction avec les prescriptions de recouvrement de toiture ;

L’absence d’analyse d’impact de la perte de la surface de culture pour l’exploitant agricole ;

L’absence d’analyse de mobilité, en particulier quant à la capacité d’insertion des quelque 80 nouveaux véhicules sur la chaussée de Thuin ;

Le manque d’information sur la ligne à haute tension (voltage et ampérage en charge nominale) de même que l’absence de mesures de champs électrique afin de déterminer la zone supportant plus de 100 μtesla.
Le CWEDD apprécie en revanche que le RUE indique les nombreux services immédiatement proches de la ZACC (écoles, police, médecin, pharmacien, vétérinaires, commerce, horeca) accessibles à pied en quelques minutes et le service des TEC sur la chaussée de Thuin.
Le CWEDD aurait apprécié que la figure appelée improprement « schéma directeur d’aménagement » localise les différents types d’habitat (semi ouvert, ouvert, continu, …).

b) Concernant le projet d’affectation
Le CWEDD désapprouve le projet d’affectation en deux zones, l’une d’habitat et l’autre agricole. Une telle proposition lui semble contraire au prescrit de l’article 1 du CWATUP.
En effet, s’il s’agit de mettre en oeuvre cette ZACC, le CWEDD estime qu’il faut disposer d’une vision complète de la zone, ce qui implique notamment, d’une part une densité plus élevée que l’existant, mais aussi d’autre part, un aménagement plus conforme à l’économie générale du territoire impliqué. La mise en oeuvre complète de la ZACC en tenant une zone d’agrément le long du ruisseau et de part et d’autre de la ligne à haute tension permettrait également de réexaminer l’orientation des immeubles afin de leur faire profiter des apports solaires.
Le CWEDD recommande donc que la totalité du projet soit réexaminé en vue de mettre en oeuvre l’ensemble de la ZACC en zone d’habitat et d’étudier une orientation plus appropriée des bâtiments.

c) Concernant les options d’aménagement
Le projet devant être entièrement repensé, le CWEDD estime que les options d’aménagement présentées ne sont plus pertinentes.

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Remarque :

Pour être tout à fait correct et intellectuellement honnête, notons que ce rapport date de juillet 2010 alors que le projet non daté a été présenté le 21 décembre 2010. Mais, de toutes manières manifestement, le projet ne tient pas compte des remarques du CWEDD.

Au-delà de tout cela, ce qui m’interpelle, une nouvelle fois, c’est l’absence total de transparence dans le chef de notre Bourgmestre et de ses acolytes proches. Aucune allusion à ce rapport n’a été faite lors du dernier conseil communal. Pire encore, je suis à peu près convaincu que, ni les conseillers de la Majorité, ni même certains échevins, ne soient au courant de l’existence et du contenu de ce rapport.

Maintenant, ce rapport, ce n’est qu’un avis, m’opposera-t-on !!!

On peut alors se demander, in fine, à quoi sert cette pléthore de services wallons qui ne se contenteraient que de « pisser » de la copie pour leur unique plaisir. Et aux frais du contribuable évidemment.

Merci et meilleures voeux à toutes et à tous pour 2011

Jean-Marie Flamant